C’est du solide, un film délicieux, certes une histoire d’amour de plus, mais pleine d’originalité et menée par des acteurs, représentatifs du multiculturalisme et encore peu connus. Sauf peut-être Oulaya Amamra découverte dans Divine, remarquée dans Le Monde est à toi (532) Adieu la nuit (656) où elle était la copine du petit-fils de Catherine Deneuve. Son partenaire, Yasin Houicha avait été vu déjà dans Divine, Le Brio (448) Papicha (704) et La Daronne (786). Ra-phaël Quenard fait une prestation très remarquable - La Daronne, Les Olympiades (872), et l’ingénieur du son dans Coupez (992). Vous vous régalerez aussi de la sœur, de la mère et surtout de la grand-mère de notre malheureux ostréiculteur qui a des peines de cœur. C’est le premier long métrage de cette réalisatrice formée au montage et qui écrit e.a. pour la radio. A mes yeux, elle réussit un coup
de maître tant son film est attachant. Et cela tient à de multiples petites choses bien agencées, bien dialoguées. Pour situer les protagonistes, on installe les « gens d’en haut » en haut, dans une villa qui sert de décors à un tournage, et ceux « d’en bas » dans le port de Sète. Les liens qui vont rapprocher ces deux univers sont bien montrés et de façon essentiellement amusante. Il fait ensoleiller, les peines de cœurs, tout le monde connait ça et la manière dont elles sont gérées dans le film lui donne un charme attendrissant. Si vous voulez avoir l’air à la page, vous direz que c’est une « rom-com ». Mais surtout ne vous privez pas du plaisir rare et fragile de ce genre de récit.