En allant voir un film sur la dernière exécution à mort dans le régime de la RDA en 1981, on ne doit pas s'attendre à une partie de ri-golade. Tout est (bien) fait pour nous immerger dans ce moment de l'histoire où règne la terreur bureaucratique et s'impose la laideur des lieux où vivaient cette population à laquelle le cinéma s'efforce de rendre vie et hommage, comme ici ou, par exemple, dans De l'autre côté du mur, Das Leben der Anderen, et du même réalisateur Werk Ohne Autor (602) ou Le Vent de la liberté (623). La réalisatrice allemande de ce film-ci ne semble avoir, à son CV, qu'un autre film de fiction, Vineta en 2008. Et cela explique peut-être une certaine
« lourdeur » dans la narration, un manque parfois de clarté dans un récit qu'il n'est pas simple de comprendre. Il est vrai que les barbouzes de la STASI ne sont pas très loquaces. L'intérêt central du film est de voir se refermer la mâchoire de la bête immonde qui broie tout. Et vous assisterez en frémissant à ce simulacre de jus-tice où des hommes engalonnés regardent sans baisser les yeux celui dont le sort fatal est déjà noué, sans appel. Il y a dans ces scènes un sentiment de déjà vu dans la Grèce des Colonels, dans le Chili de Pinochet et tant d'autres régimes qui n'attendent qu'à revivre. Ma conviction est que ce film, comme d'autres, sont indis-pensables pour jalonner la mémoire de l'histoire de l'humanité ; ce qui est parfois cauchemardesque. Et l'on rêve que ce soit, en effet, La dernière exécution.