Voilà un film très attachant, intime, centré sur une douleur, celle d’une fille avec un bout de talent et un excès de poids.
Nous sommes dans un univers à la Dardenne, à Cointe, pas loin, dit-on dans une réplique, de chez Rosetta...
Trois garçons et une ado fuient l’ennui et la grisaille ambiante en essayant de se produire comme groupe. Un ringard superbe fait mine d’essayer de s’occuper d’eux. Il est parfait ! La chanteuse est très sympa, elle essaye de survivre entre le souvenir incompréhensible d’un père espagnol, toréador et mort dont on ne saura que plus tard de quoi. La veuve est une ruine tyrannique admirablement campée par une actrice sensationnelle. Et sur un lit, à l’étage, une petit vieille sous oxygène qui attend la mort. La seule personne à qui l’adolescente peut se confier.
C’est touchant, juste, « réaliste », et l’histoire médiocre du petit groupe en formation est bien contée. L’arrivée d’une jolie fille qui capte l’attention du guitariste convoité par la chanteuse va provoquer des moments bien décrits, bien sentis, bien rendus. Il y a des petites séquences très savoureuses, touchantes et qui disent bien au delà de cette histoire, la souffrance délavée d’une génération sans autre horizon que celui lézardé de leurs parents.
La fin de d’histoire tombe un peu à plat. Pourquoi faut-il que si souvent les dix dernières minutes des films soient dépourvues de cet impact qui nous ferait réfléchir, ressentir ce qui nous a char-mé, au delà du film lui-même ?