Si vous souhaitez comprendre pourquoi je n'irai jamais à Acapulco (ni dans des lieux semblables) allez voir ce film qui s'y déroule. Nous y retrouvons une famille, deux adolescents et leur mère et le frère de celle-ci. Un événement oblige à un retour vers l'Europe auquel ne peut se joindre ce frère et nous resterons avec lui, à s'ennuyer dans cette ville où il convient de tuer de temps en temps quelqu'un sans que l'on ne nous dise pourquoi.
Bien entendu une charmante mexicaine va occuper très activement cet homme désenchanté de tout, à un point tel qu'il va prendre des dispositions pour se débarrasser de sa fortune. Ce qui nous per-mettra d'apprendre qu'il en a une, car le scénario ne s'encombre pas de ce genre d'informations, laissant à l'ennui contagieux de cet homme le soin de nous faire bailler.
Le film s'embrouille un peu ensuite et finit de façon peu claire. La beauté des images de Yves Cape est sans doute le principal plaisir que l'on prend à la vision de ce film tourné avec le réalisateur mexi-cain de Nuevo Orden (899).
Mais ici le sujet est intimiste, l'histoire indolente, l'intérêt ténu. Nous y admirons Tim Roth, un acteur employé déjà par Franco dans Chronic, qui ici se laisse bronzer en trainant son spleen. Charlotte Gainsbourg cachetonne pendant de brèves scènes d'un scénario qui aurait été écrit rapidement par le réalisateur dans un moment de dépression, et le tournage n'aurait guère été préparé. Tout cela se sent dans la mollesse, la vacuité du propos et le montage com-plaisant, fait par le réalisateur lui-même.
Dommage car s'il y avait eu une histoire à raconter, on s'y serait intéressé.