Prenez une tasse de thé avec un nuage de lait ou un verre de por-to, installez-vous confortablement dans un chesterfield profond et apprêtez-vous à un festival de l'humour anglais tel qu'il se pratique essentiellement pour être caricaturé. Nous sommes au théâtre, la pièce a un succès exceptionnel, il est envisagé d'en faire un film et les égos surdimensionnés des antagonistes vont entraîner une suite rocambolesque d'incidents généralement très amusants.
Prenez un peu de cake aux fruits-confits avec votre thé, la saveur en est celle de ce premier film d'un réalisateur qui a fait ses armes dans des séries télé. Ici tout le sel de l'intrigue tourne autour de cette pièce qu'il est interdit d'adapter au cinéma et dont il est question tout au long du film. Quelques effets de « double images » tentent de justifier le titre, suggérant de voir l'action de points de vue différents, pour voir comment ils font. Le titre français essaye aussi de faire un jeu de mot, à deviner !
Comme un crime est commis, l'enquête est menée par un vieux briscard et une oie blanche qui débute dans la police. Ce typique whodunit pour parler chic, est une construction ironique car Aga-tha Christie est doublement présente dans le film, par l'allusion à sa pièce à succès The Mousetrap et à un autre moment que je vous laisse le plaisir de découvrir.
Cette pièce a été jouée sans interruption à Londres depuis sa créa-tion en 1952 ! Tous les acteurs sont very british sauf évidemment le réalisateur américain à peine trop caricaturé. L'enquête néces-site de se déplacer en différents lieux ce qui nous vaut des décors inhabituels, parfois splendides, et quelques extérieurs, le tout admirablement reconstitués et photographiés d'une manière qui ac-centue le côté « d'époque » nécessaire au style qui se dégage de cette fantaisie policière pour détectives amateurs. Rien n'annonce que ce film marque l'histoire du cinéma mais son charme réconcilie avec le plaisir de la distraction et de la détente.