Un film mal écrit mais très spectaculaire. L'on est d'abord séduit par la magnifique présentation d'une cité américaine des années 50, sorte d'utopie dont les villas sont des modèles du genre, avec piscines, jardin pour barbecue, emplacement pour la belle bagnole qui, chaque matin, amène chaque mari vers un travail un peu mys-térieux, laissant les épouses à la maison, occupées par les charges du ménage. Le décor principal est la maison dite « Kaufmann House » en Californie conçue par Richard Neutra, important archi-tecte moderniste.
La première partie du film installe bien cet univers de pin-up à permanentes et rouge à lèvres. L'on sent lors de commérages, de dîners, que les points de vue ne sont pas unanimes sur leur style de vie et l'ardeur pleine de testostérone de certains époux pimentent le quotidien. Une sorte de « maître » dont on ne sait d'où vient son ascendant sur ce microcosme, organise une soirée qui nous vau-dra un rappel de Fred Aster, allusions parmi d'autres aux comédies musicales de la grande époque, celle e.a. de Busby Berkeley dont les plans chorégraphiés avec un goût exceptionnel de la symétrie ponctuent et enchantent dans le cours du film.
Il y a des règles impératives qui limitent l'espace autorisé aux épouses mais un accident d'avion amène l'une de ces dames, em-pressée, à transgresser cette règle et elle va découvrir un lieu mystérieux dont nous ne saurons rien. Le film alors essaye de prendre le virage difficile de l'angoisse. Et personnellement je n'ai pas trou-vé que cela fonctionne à cause de la complexité très arbitraire des séquences qui s'enchaînent sans que je n'en ai pu comprendre le sens, la raison d'être. Il y a une dose d'hystérie et de paranoïa qui me laisse froid. Voyez par vous-même car peut-être y a-t-il une narration dont les codes m'ont échappé.
La réalisatrice de 38 ans (qui tient un des premiers rôles du film) est une baroudeuse de l'audiovisuel pour lequel elle semble avoir tout fait déjà, productrice, actrice de séries, réalisatrice, etc. Son rôle de journaliste dans Richard Jewell (755) avait retenu l'attention de ce côté-ci de l'Atlantique, contrairement à d'autres rôles dans des productions moins réussies. Florence Pugh fait une perfor-mance de comédienne éblouissante, mais l'on ne comprend pas bien le personnage. Elle avait déjà été admirée dans Midsommar (684) et dans Little Woman (760) un autre film marqué par le fémi-nisme comme l'est celui-ci.
La complexité alambiquée de la fin de ce récit ne doit pas occulter le fait que ce film est une charge contre le patriarcat, thème dans l'air du temps mais qui nécessiterait peut-être plus de finesse pour être percutant.