Ce titre est le nom d'une école de théâtre fondée à Nanterre par le très charismatique Patrice Chéreau interprété ici de façon très convaincante et malaisante par Louis Garrel qui fut le compagnon de la réalisatrice entre 2007 et 2012.
L'histoire est celle d'une promotion, depuis les auditions de sé-lection en début d'année jusqu'au spectacle de fin d'année. C'est d'un réalisme très hystérique et très bien filmé dans une ambiance
« choral », même si Nadia Tereszkiewicz (à qui l'on n'a pas appris, comme à la réalisatrice, qu'un nom simple facilite la notoriété) est stupéfiante tout au long de ce récit à maints égards pénible, douloureux parfois.
L'action se déroule dans les années 80 où régnaient les « gourous » du théâtre : Ariane Mnouchkine, Roger Planchon, Bob Wilson, Jer-zy Grotowski, le Living Theatre qui faisait de New York la Mecque du théâtre moderne, que l'on visitera dans ce film à l'occasion d'un voyage-pèlerinage dans cette ville.
Valera Bruni-Tedeschi a joué aux Amandiers en 1983 dans le spectacle Platonov dont il est question dans ce film-ci, Tchekhov sem-blant incontournable lorsque le théâtre est évoqué au cinéma : Drive my car (934) Still Alice (118) Un triomphe (842) Pupille (572) Les Trois Sœurs (de Valeria Bruni-Tedeschi), etc.
Dans un film de Chéreau, Ceux qui m'aiment prendront le train, en 1998 l'on voyait déjà Valera Bruni-Tedeschi, élève de cette école de Nanterre, qui réalise ici un film très autobiographique. Elle fut actrice e.a. dans Hôtel de France de Chéreau avec les élèves des Amandiers. Virginio, le frère de la réalisatrice est décédé du sida dont il est question dans ce film-ci, comme de la drogue et autres ravages physiques et affectifs dans cette époque de rencontres sexuelles nombreuses et diversifiées que l'on n'appelait pas encore le « polyamour ». Ce film s'adresse à un public spécialisé et curieux, celui qui veut apercevoir ce qu'il y a derrière le glamour et la course aux honneurs pour une jeunesse qui cherche ses marques. Un film à clés, et ici, il en faut un trousseau.