Ce n'est pas un Gustave Courbet inconnu, ni heureusement la suite du film de Laurent Lafitte (860) mais un film façon Les Diaboliques que n'aurait peut-être pas renié Henri-Georges Clouzot. Il s'agit d'une intrigue policière sur fond de familles déchirées. Donc je ne dirai rien du scénario à découvrir de séquence en séquence, car il est celui d'un bon polar, avec ses outrances, ses rebondissements et ses découvertes.
Le casting est original et légèrement sur-joué, comme si chaque acteur savait qu'il faut en faire un peu trop pour accompagner cette histoire tirée par les cheveux. La musique y va de toutes ses ressources pour accentuer tensions, suspense, climax des scènes qui ses succèdent pour faire monter la sauce. Car c'est un peu une recette de cuisine (assez raffinée) qui nous est proposée en trois actes bien soulignés par les ambiances musicales. Le format hyper large de l'image accentue le sentiment d'être perdu dans un monde trop vaste et certaines séquences sont (artificiellement) comparti-mentées comme des polyptyques, des cases de bandes dessinées. Vous jugerez de la pertinence de ce procédé qui se répand ces temps-ci (*See How They Run (1029)).
Le réalisateur n'est pas un débutant et a démarré sa carrière en exploitant le cinéma porno. Puis il a beaucoup écrit, publié et ce film est son troisième long métrage, tous des thrillers.
Laure Calamy (Annie Colère-1038 à voir absolument en janvier) est excellente une fois encore dans ce personnage de modeste ou-vrière qui s'introduit dans un milieu hyper bourgeois et sophistiqué dont elle découvre les codes et les usages avec effarement. Ce qui nous vaudra de nombreuses scènes très décalées. Inspirées pour certaines d'entre-elles de la biographie de la mère du réalisateur. L'ambiance du film pourrait faire penser au style de Claude Chabrol, hystérisé. Et le fait qu'un seul homme existe dans le film entouré de nombreuses femmes, est aussi un signe de l'air du temps.
Ce film ne manquera pas d'amuser celles et ceux qui aiment rire d'effroi, qui apprécient les coups tordus et les rebondissements, même s'ils sont... téléphonés. L'Origine du mal c'est un mix du poids de la famille et de la vénalité qu'engendre l'appétit d'argent. Heureusement le côté « farce » de l'histoire et son traitement nous épargnent de devoir évoquer François Mauriac.