N'ayant pas vu le film de Francis Veber qui a inspiré ce remake, je le découvre comme une sorte de... jouet cinématographique dans lequel ce qui m'a paru le plus discrètement réussi, c'est l'ambiance photographique due à Stéphane Le Parc qui a recréé un univers rêvé à la lisière de Barbie, des mangas et des modèles de jeux d'enfants de toujours, aux lumières doucement aguicheuses avec un souci de ne rien enlaidir.
Les décors sont nombreux qui le permettent (le plan des Galeries Lafayette mérite à lui seul d'être admiré !). Nous allons de l'hyper luxe des gens d'en haut (la demeure de l'homme le plus riche de France) à des logements HLM (on disait alors HBM, pour habitations bon marché) dont aurait peut-être rêvé Jean-Jules Eggerickx l'architecte deLe Logis Floréal connu de tous les cinéphiles depuis que Jaco Van Dormael y a tourné. Il s'agit ici de la cité dite « 212 » à Le Blanc-Mesnil située au 212 avenue du huit mai 1945, rare exemple de l'architecture socialiste viennoise signé Germain Dorel. Cette ambiance visuelle et ces décors sont nécessaires pour supporter
un récit tiré par les cheveux et qui pourrait amuser quelques ado-lescents en recherche d'une façon d'être en rupture avec le poids des adultes.
Et il faut bien reconnaître que le jeu de Jamel Debbouze va dans le bon sens du numéro de guignole. Mais il n'est pas le seul ! Son épouse, une actrice à suivre, Alice Belaïdi n'y va pas par quatre chemins, comme tant d'autres dont les délégués CGT ! Daniel Au-teuil assume, d'un air impavide un personnage qui ne fait pas un bouquet. Il faut dire que le réalisateur laboure dans un sillon très typique : Brice de Nice, Lucky Luke, e.a. Ici, nous avons droit à une moisson de thèmes qui s'entremêlent sans jamais s'appesantir et moins encore se prendre au sérieux. Le deuil, l'enfant roi, la dèche des laborieux, la suffisance des riches, la lutte des classes, et j'en oublie. Vous aurez comme récompense la découverte d'une façon très ingénieuse de se servir un tea for two.