Après l'exceptionnel Girl (549) ce film du même réalisateur était très attendu et il ne déçoit pas. Et vous serez surpris par le sujet qui n'est pas celui supposé à en croire l'affiche et les bandes annonces. Bien entendu, il s'agit encore de porter un regard très sensible sur cet âge que la puberté va faire basculer vers l'adolescence. Et tout cela est admirablement suggéré, les moments sensibles sont captés avec tact et une grande finesse.
L'histoire se déroule durant le cycle d'une année riche en événements et en symboles, celui de la floraison, puis de la rigueur de l'hiver et le retour du printemps. Deux familles sont concernées sans être amies. Le bilinguisme à la belge est très bien utilisé pour singulariser ce petit monde et l'école fréquentée par les deux amis. Le métier des parents horticulteurs, outre la beauté des images qu'il permet, semble indiquer l'enracinement de la vie même puis son épanouissement et le métier d'infirmière néonatale d'Émilie Duquenne, magnifique de justesse, est particulièrement bien choisi pour enrichir la dramaturgie du sujet.
Les deux acteurs principaux sont absolument stupéfiants de naturel et la caméra les suit sans jamais vouloir les entraver dans leurs déplacements, leur spontanéité, leurs enthousiasmes et parfois la véhémence de leurs attitudes. L'image de Frank van den Eeden fait une nouvelle fois merveille (*De Patrick -686- Animals -942- Nobody has to know - 949).
Et la bande sonore contribue pour beaucoup à créer et maintenir les émotions nombreuses que l'on partage au cours de l'histoire. Le titre me parait polysémique car il peut être compris simplement dans son sens flamand comme « proche » mais aussi dans le sens français de « fermé, pour une porte, terminé, pour une affaire ». Ce en quoi il me semble particulièrement bien choisi, vous le découvrirez.