Les liaisons dangereuses à l'époque du téléphone portable et de l'automobile. Nicolas Bedos, après Mr et Mme Adelman (374) La Belle Époque (713) et OSS117 Alerte rouge en Afrique noire (308) cô-toie, comme scénariste, dialoguiste, musicien et metteur en scène, Pierre Choderlos de Laclos avec une sérieuse dose d'humour en plus mais non moins de cynisme. L'histoire très « entre soi » se déroule dans des lieux d'hyper luxe de la côte d'Azur et quatre personnages en seront les protagonistes principaux : Martha, une actrice un peu oubliée, Adrien, un danseur qui s'est cassé la jambe, Margot, sorte de vampe moderne, et Simon, le pigeon parfait que l'on arriverait presqu'à plaindre.
Martha est un rôle parfait pour Isabelle Adjani, magnifique et inattendue dans le personnage.
Adrien est interprété par Pierre Niney, sorte de Rastignac d'une généreuse disponibilité pour les dames. Marine Vacth interprète Margot avec un talent insolent apprécié déjà dans Jeune et Jolie de François Ozon. Elle l'est encore, jeune et jolie, vous l'avez vue dans ADN de Maïwenn, et comme chef d'enquête dans le très réussi Entre la vie et la mort (1003). Et heureusement, nous n'attendrons pas beaucoup pour la revoir, elle est exceptionnelle !
Quant à François Cluzet, il est un Simon aussi pitoyable que sympathique : le prototype de l'homme qui s'y croit encore et qui tombe dans le panneau de la romance avec une (beaucoup) plus jeune que lui. Son épouse est très bien incarnée par Emmanuelle Devos, et le Belge Daniel Hanssens est avocat (car Éric Dupond-Moretti n'était
plus libre sans doute). Tous les acteurs sont excellents et l'on perçoit le plaisir qu'ils doivent ressentir en jouant cette comédie sociale qui ne se prend pas la tête.
Le projet était initialement destiné à un roman et sans doute est-ce la cause d'une trame très serrée du récit et qui est habilement déstructurée car un procès se déroule qui en révèle les différents éléments. Nous n'en connaîtrons pas le motif avant la fin, et encore. Mais toutes les scènes semblent illustrer en quelque sorte ce qui est en jeu, les dépositions des témoins, les récits des personnes impliquées. Et comme la construction est dense, le rythme soute-nu, les rebondissements inattendus et souvent très amusants, le spectateur peut se laisser embarquer pour un bon moment de détente dont la morale pourrait être « l'argent ne fait pas le bonheur ». Même si elle en permet quelques bons moments, des bribes, des mascarades.