Il n'y a pas le feu ! Le film est majestueux, qui se déroule entre 1927 et 1935 environ, avant et après le crash, à l'aube du IIIe Reich. Nous sommes plongés dans un univers qui rappelle ces excellents films que furent L'Affaire Stavisky d'Alain Resnais ou La Banquière de Francis Girod. Mais Léa Drucker n'est pas Romy Schneider, ni Émilie Dequenne qui tint le même rôle dans le 1er film de cette tri-logie dont nous attendons le 3e volet. Léa Druker ne manque pas de talent comme vu il y a peu dans Close (1059) parmi une abondante carrière. Benoît Poelvoorde est au mieux de sa forme et comme d'habitude Olivier Gourmet joue mal et faux. Fanny Ardant est la sublime carricature d'elle-même. Le réalisateur joue l'un des rôles avec beaucoup de naturel, le chauffeur, engagé socialement. C'est un comédien chevronné et ce film est le 4e long-métrage qu'il dirige avec une évidente maîtrise de la mise en scène, souvent specta-culaire par les mouvements d'appareil et quelques effets qui re-haussent les images. Nous sommes spectateurs d'un film « populaire » cela dit sans mépris.
Les dialogues sont soignés mais la structure du récit souffre d'en-flures et de diversions qu'un travail plus approfondi sur le scénario aurait dû nous éviter. Est-ce parce que le romancier à adapté et dialogué seul ?
Le charme du film repose d'une part sur les reconstitutions de décors tant intérieurs qu'extérieurs, avec moult bagnoles d'époque, et d'autre part sur la restitution de l'ambiance très IIIe République avec ses naïvetés et ses turpitudes. C'est le roman éponyme de Pierre Lemaître qui est à l'origine de l'histoire, suite de Au revoir là-haut
(441) remarquablement adapté, lui, par Albert Dupontel.
C'est Louis Aragon qui est à l'origine du titre, dans son poème Les Lilas et Les Roses :
Bouquets du premier jour lilas lilas des Flandres Douceur de l'ombre dont la mort farde les joues Et vous bouquets de la retraite roses tendres Couleur de l'incendie au loin roses d'Anjou
Il ne manque pas d'émotion d'écouter l'auteur dire son texte poi-gnant : <https://www.youtube.com/watch?v=oXZ39C1jjE8>
J'ignorais que l'Anjou est par excellence le pays de la rose, dont la couleur est ici évoquée.