Balzac en Iran. Une histoire de famille qui nous plonge dans un univers très différent de ce que nous connaissons : les usages, les codes, les procédures administratives, la circulation de l'argent, tout nous dépayse.
Le récit est celui d'une famille, les vieux parents, les 4 frères et la sœur. A la fin du deuil du chef de la communauté, la question sera de savoir qui va lui succéder, et comment se passera le mariage différé à cause du deuil ?
Tout cela se déroule dans un contexte économique très difficile. Comme l'information, complexe et abondante, passe essentiellement par le dialogue, il faut beaucoup lire les nombreux sous-titres. Les acteurs sont tous saisissants de naturel et leurs comportements frisent l'hystérie parfois et nous montrent des usages dans les relations familiales qui ne sont pas des plus ordinaires.
Le réalisateur avait beaucoup impressionné déjà avec La Loi de Téhéran (833), un de ces films jaillit soudain d'un pays sous la chape de l'obscurantisme.
Ici nous découvrons l'intimité familiale et le poids terrible des us et coutumes. Il est intéressant de souligner que nous sommes aussi témoins des difficultés engendrées par le boycott à l'égard de ce régime et que c'est une femme qui va essayer d'imposer ses vues sur le clan. C'est l'actrice Taraneh Allidousti qui interprète ce rôle avec beaucoup de nuance, elle que nous avions apprécié déjà dans The Salesman (329) et qui prend d'immenses risques dans son pays en militante féministe et soutien du mouvement initié par le martyr de Mahsa Amini. Tous ces éléments contribuent à renforcer l'importance du cinéma iranien qu'il faut voir, analyser et soutenir.
Quels qu'efforts que cela demande tant les univers décrits à chaque fois sont très différents de nos codes. Ce film est interdit de projection dans son pays de production ! Il m'a semblé que trois séquences sont d'une grande bravoure cinématographique : le début dans une usine, la noce, et la visite du lieu convoité pour y établir un commerce. Vous ne manquerez pas d'être sensibles à l'habileté de la mise en scène d'une vie de famille dans un lieu si étriqué que tout le monde dort à même le sol dans la même pièce. Une forme de fraternité un peu étouffante.