Un grave et profond disfonctionnement intra familial est l'objet ex-clusif de ce film étonnant par les névroses qui y sont décrites.
Une mère a 3 filles très différentes ; l'une marié, l'autre dans un état d'agressivité terrible qui ne sera jamais explicité, et une cadette qui va tenter d'assumer le rôle de réconciliatrice.
Toutes sont, à des degrés divers, névrosées. A tel point qu'un juge va déterminer une distance marquant la ligne à ne pas franchir par la fille violente, sauf à être mise en prison.
Nous suivrons l'évolution de cette cellule familiale depuis une scène d'hystérie extravagante jusqu'à la possible réconciliation, mais là, le film reste ambigu ; y a-t-il une possibilité d'entente entre ces femmes ?
Ce qui me semble le plus attachant dans le récit, c'est l'intensité des interprétations des 4 actrices. Valéria Bruni-Tedeschi nous démontre encore un fois son talent exceptionnel pour incarner l'étrangeté, la bizarrerie d'une personne insondable. India Hair est magnifique en jeune maman et je gage qu'elle sera de plus en plus employée pour des rôles difficiles comme ici. Elli Spagnolo est la jeune ado, particulièrement convaincante.
Mais c'est Stéphanie Blanchoud, belge de Suisse, qui retient l'attention après avoir été popularisée dans la série télé Ennemi public. Elle fait usage ici de tous ses talents, en particulier de chanteuse et elle a collaboré au scénario écrit par la réalisatrice qui a déjà démontré, comme ici, sa capacité à capter l'étrange des compor-tements borderline.