L'interruption volontaire de grossesse a été (et restera naturelle-ment) un choc terrible, un drame parfois et il est bon de rappeler à quel point les hommes, au parlement, à l'hôpital, dans les églises, ont imposé aux femmes en détresse un supplément de cruauté.
C'est à ce rappel que contribue parfaitement ce film, comme déjà L'Événement (924) et Annie Colère (1038) ce dernier sortira sur les écrans en Belgique le 11 janvier et qui traitent du même sujet, avec le même tact. Nous sommes ici en 1968, aux Etats-Unis. Nous suivrons le personnage central que l'on découvre de dos au début du film dans un plan spectaculaire de déambulation qui nous amène à apercevoir une manifestation de rue, précurseur des changements de société marqués, à la fin du film par une élection présidentielle.
Le film, qui démarre un peu lentement, est très riche de moments qui confrontent les protagonistes (mari, fille, voisine, et autres) à cette situation que la loi rendait impossible de gérer en toute sérénité, sans le risque pénal ce qui ouvrait la voie aux pires exactions, aux plus grands risques.
La réalisatrice n'est pas une débutante, elle avait scénarisé le film Carol (200) de façon très subtile. C'est au théâtre que ses textes ont connu de grands succès, ce film est le premier qu'elle réalise, pour le grand écran, avec une très grande maîtrise.
Elle bénéficie d'un casting excellent, Elizabeth Banks qui a une longue carrière déjà tant à la télévision qu'au cinéma, est ici éblouissante d'intériorité. Et Sigourney Weaver incarne une militante de façon très convaincante.
Un de ces films de société qui allient le plaisir d'une image, d'un casting de grande qualité à d'importants rappels et de profondes réflexions qui ne sont pas que politiques.