Encore un film qui propose de partager une coming-of-age story, une expression « chic » pour définir les tourments d'un jeune garçon à l'aube de l'âge adulte.
Mais vous découvrirez que sa situation est particulièrement difficile, alors que tout aurait pu être simple et classique. La famille ha-bite près de Chambéry, charmante maison, papa (interprété par le réalisateur), maman (interprétée par Juliette Binoche, excellente), le grand frère (interprété par le toujours intéressant Vincent La-coste) et le jeune frère en fin de lycée qui forment une famille que rien ne devrait perturber. Paul Kircher qui interprète ce tout jeune homme est une découverte ; va-t-il devenir un Jean-Pierre Léaud ? On le lui souhaite.
Vous verrez aussi Xavier Giannoli assumer un rôle pas très BCBG. Il est plus connu comme réalisateur (*L'apparition -- 480 -- Illusions perdues -- 870 e.a.).
L'histoire du film est soutenue par trois types de narrations. L'in-terview face caméra du lycéen qui exprime ses tourments. Vous aurez la surprise à la fin de voir qu'un autre personnage viendra aussi « témoigner » en quelque sorte de cet épisode tragique vécu par la famille.
Deuxième narration, celle de la voix off du lycéen qui exprime ses ressentis, ses envies, ses réflexions. Et, 3*e récit, celui simplement montré de façon chronologique, comme dans un film ordinaire dont l'image est généralement « glaciale » ce qui convient bien à l'incon-fort propre à cet âge. Les cadrages sont manifestement travaillés pour donner du style au film, mais ce n'est pas toujours convaincant car il m'a semblé que ces effets de tremblement, l'usage des focales sont plus opportunistes que liés au sujet.
Le réalisateur (orphelin de père à l'âge de 15 ans...) a une activité multiple, en particulier des romans pour enfants qui lui permettent d'aborder des thèmes « difficiles », pour un public jeune, et aussi des pièces de théâtre. Il rédigeait dans Les Cahiers du cinéma les Billets du spectateur. C'est un intellectuel très prolifique et engagé, comme homosexuel e.a. ce qui explique pour partie le scénario de ce film. Plaire, aimer et courir vite (521) avait déjà traité ce thème de façon très originale, comme l'était un autre de ses films, Chambre 212 (699) que j'avais trouvé moins convaincant. Ici, nous sommes plus dans du cinéma lisible.
Et si les avis sont très tranchés, ils méritent de se faire sa propre opinion, en sachant que ce n'est pas un feel good movie pour toutes les sensibilités.