Un film qui traite du même problème, celui de la crise existentielle, selon plusieurs approches. Deux couples, l'un avec une fille ado-lescente, l'autre qui espère une naissance, un père veuf en bout de parcours, un patron exténué et son épouse, artiste. Bref, nous suivrons ces moments difficiles et les rencontres de ce microcosme sympathiquement décrit pendant quelques journées qui amène-ront leur lot d'attitudes étranges, parfois amusantes, peu crédibles aussi, mais qui suscitent la réflexion sur nos propres vies.
Au-delà de ces anecdotes, ce qui retient l'attention c'est évidem-ment ce qui amène les uns et les autres à ce moment où l'on envoie tout au diable, avec l'espoir de recommencer sa vie. Le casting est très chaleureux où l'on retrouve un tonitruant Jean-Luc Bideau un peu oublié, Samir Guesmi en belle forme, une attachante Suzanne Clément connue e.a. pour ses collaborations dans deux films de Xavier Dolan dont Mommy (073) et Jérémie Renier à qui la maturité apporte un supplément d'âme. Et je trouve légitime de souligner aussi la prestation de Bérangère McNeese qui est remarquable comme dans le film Demain, si tout va bien d'Ivan Goldschmidt.
Le thème du « lâcher prise et tout quitter » avait déjà inspiré chez ce réalisateur Mobile home. En 2012. Le travail sur cette ambiance de questionnement existentiel nécessite soit d'aller en profondeur dans un cas particulier, soit de survoler plusieurs cas qui sont en interaction, comme ici. Et le ton est assez bien maintenu, même s'il est des séquences moins en lien avec la réflexion centrale. Au moins ont-elles le mérite d'amuser.
Pour souligner la singularité du choix fait par le père de s'isoler dans la forêt, le cadre de ses plans est différent, plus étroit. Est-ce perceptible ? Mais c'est l'un de ces détails qui attestent du soin attentif du scénariste-réalisateur d'être toujours pertinent, faute d'être chaque fois percutant.