Eh bien, ils ne sont pas « pires que les autres » mais ils sont très attachants. Le film commence par un casting qui nous permet de faire connaissance avec des gamins et des gamines issus du même quartier très pauvre malgré son nom de Picasso choisi pour les be-soins du film, situé à Boulogne-Sur-Mer.
Et nous suivrons le tournage auquel participent ces gosses dont on sait un peu de leur vie réelle et que l'on voit évoluer sous la direction d'un réalisateur à qui je ne confierais pas mon chien. Rôle admirablement assumé par ce remarquable acteur belge, Johan Helden-bergh ayant été dirigé déjà par Van Groeningen, Van Dormael, les frères Renier e.a.
Ce qui est intéressant et riche dans ce film, c'est l'intensité des moments durant lesquels ces ados « sortent de leurs gongs ». Ils sont dirigés avec une technique rarement utilisée, celle de l'oreillette qui permet aux réalisatrices d'infléchir le jeu pendant le tournage du plan.
L'atmosphère générale, réaliste, semble en lien avec Gagarine (819) avec Un monde (868) et par son côté vie de quartier, mais avec des acteurs à un âge plus avancé, Les Olympiades (872).
Ici le scénario est décousu car il mélange vie réelle et mise en scène du film, ce qui est évidemment assumé par les réalisatrices. De même un plan spectaculaire vers la fin semble du pure onirisme, un style qui tranche avec le réalisme très « film social ».
Lise Akoka et Romane Gueret ont collaboré déjà à un court métrage, Chasse royale en 2016, film qui se déroule à Valencienne et qui démarre par un casting...
Le style de tournage, la mobilité intrusive de la caméra, le côté souvent virevoltant du cadre annoncent une personnalité d'écriture cinématographique intéressante et qui tranche avec le cinéma conventionnel. Ce film n'est pas l'un des pires qui puissent se voir, bien au contraire.