Madame est servie. Tel pourrait être le résumé d'un film aussi amusant que délicat qui nous raconte 4 rendez-vous successifs d'une dame dans la maturité avec un séduisant jeune homme dont elle loue les services. Il se trouve que cet homme est d'une subtile gentillesse, qu'il a beaucoup de tact et une écoute attentive, empathique, bien nécessaire pour permettre à cette dame de surmonter ses inhibitions et surtout d'atteindre ce qui la motive dans cette quête singulière. Il y a tout au long de ce récit un humour plein de finesse qui donne à ce qui pourrait être un peu glauque, graveleux, une sorte de romantisme tardif dans la vie de cette femme qui le recherche, non sans un certain trac.
C'est à l'évidence un film réalisé par une femme ; elle est Australienne, très active tant dans la production que la réalisation depuis 2005 et ce film est le troisième long métrage qu'elle dirige après de nombreuses œuvres de formats différents.
Le scénario de Katy Brand lui a été proposé avec déjà Emma Thompson comme interprète.
Cette scénariste et actrice a une longue carrière au théâtre, à la télévision et a écrit plusieurs pièces dont certaines interprétées par elle-même.
Le chalenge de ce récit est de passer à travers une multitude de situations psychologiques, mais aussi physiques, qui font évoluer radicalement les deux personnages, sans pratiquement quitter le décors de leur chambre de rendez-vous. C'est particulièrement bien maîtrisé et l'impression de « théâtre filmé » est évitée grâce à la diversité des plans et des mouvements de caméra.
Emma Thomson, dont la brillante carrière lui a permis d'innombrables rôles, est ici somptueuse de simplicité, de force et de fragilité, et elle incarne ce que toute femme un jour aura à affronter, le passage de sa beauté apparente à sa beauté intérieure. Elle nous la fait partager avec une immense générosité et une grande pudeur.