Et c'est attendrissant. Le film commence sur les plages italiennes durant les vacances d'été et nous finirons au même endroit un an plus tard : c'est l'année du bac que nous allons vivre en suivant un groupe de jeunes filles, copines de lycée, et plus particulièrement l'une d'elle dont la voix off, à la première personne, vient donner de brèves explications, témoigner de ses réflexions personnelles quant aux choses de la vie ordinaire qu'elle doit affronter. Et ce n'est pas toujours à l'eau de rose, vous le découvrirez en suivant son histoire de famille, compliquée. L'époque choisie est l'année 1985, pas encore de téléphones portables, pas d'ordinateurs, mais une cigarette à chaque plan, on en tousserait presque. Et les 2CV, les mobylettes et les 4L pour ajouter au dépaysement, avec un peu de cocaïne déjà. La réalisatrice a vécu sa jeunesse dans un bistrot et cela aide à comprendre l'un des intérêts majeurs du film. Elle a réalisé déjà 6 longs métrages et collaboré à plusieurs scénarios. En 1977, elle met en scène un premier film autobiographique que je n'ai pas vu, Stella plus jeune, mais dont le père est déjà Benjamin
Biolay. Cette fois, c'est l'excellente Marina Foïs qui est la mère (La Fracture -- 887 - parmi plus d'une soixantaine de rôles qui nous la rende si familière). Un groupe de jeunes talents très justes, réa-listes, donnent vie à cette génération et c'est Flavie Delange qui est une Stella très convaincante dans ses sautes d'humeur et ses ins-tabilités émotionnelles, propres à ce moment de « Coming of age » où l'on devient majeur. De nombreux repères de ce moment sont évoqués (trop ?) discrètement. Le refus de l'addiction, le sentiment de classe sociale, l'envie de faire des choses inaccessibles, mais la fascination du monde de la nuit elle, est bien filmée. Même si les séquences peuvent sembler et trop nombreuses et trop longues.
Un film qui se regarde avec tendresse et s'écoute avec difficulté : comment est-il possible de mixer les voix de façon si calamiteuse ? A un point tel qu'une bonne partie en est inaudible. Mais la riche bande sonore nous replonge dans une époque dont on pourrait avoir la nostalgie et qui est joliment évoquée.