Top Gun en noir et blanc. C'est un biopic ayant pour personnages principaux deux pilotes de la Navy, l'un blanc, l'autre afro descen-dant. L'histoire qui nous est contée est celle de cette amitié mal comprise dans ce milieu entre un précurseur de l'émancipation des noirs américains et un autre pilote avec lequel il sympathise. Pour rappel, l'égalité des droits civiques n'a été votée aux U.S.A. qu'en 1967 et l'histoire du film se déroule pendant la guerre de Corée qui démarre le 25 juin 1950. La Corée était territoire japonais. La défaite nippone de 1945 avait permis aux soviétiques d'occuper le Nord, aux forces américaines d'occuper le Sud avec l'assentiment des Nations unies au sein desquelles la Chine ne siégeait pas encore. C'est l'invasion du Sud par les troupes du Nord qui d'éclanche la guerre. Et nécessite l'appui aérien du porte-avions qui sera « la base » dans laquelle et depuis laquelle se dérouleront les événements évoqués par le film à découvrir en salle. Ne soyez pas étonnés par l'usage exclusif des avions à hélices dans le film, des Corsairs à ailes pliables, puisque leur piste était un porte-avion : l'aviation à réaction n'en était qu'à ses balbutiements. Les forces al-liées perdirent 44 avions en Corée, et c'est l'histoire de deux de ces pilotes qui est au centre de ce récit. L'un est « l'ailier » de l'autre, ce qui donne à ce mot son sens originel.
Le film est traditionnel, alternant scènes d'actions et dialogues, personnages principaux et secondaires qui interagissent au fil du récit. Le décors principal est atypique : un « Carrier Air Wing »
de la seconde guerre mondial dont les procédures sont évoquées de façon assez frappantes. Le réalisateur qui dirige ici son troisième film met beaucoup de soin aux scènes d'action souvent spectaculaires, même si souvent elles sont surchargées d'effets de post-production : balles traçantes, tir de DCA, explosions sura-bondantes, destructions des ponts sur la rivière Yalu (Amnok) à la frontière sino-coréenne en novembre 1952, etc.
Les cascades d'avions ont été réglées par celui qui avait fait la même chose pour Top Gun : Maverick (977). Ici les cockpits ont été modifiés pour pouvoir filmer les actions sur des avions plus fiables que les « faiseurs de veuves » de l'époque ! Le style photographique de l'image, trop sombre, nuit à mon sens au plaisir du spectateur. Le réalisateur est fils d'un pilote de la Navy qui est noir, comme le héros de ce film.
Le scénario est particulièrement riche en diversions liées au racisme et cela donne une dimension intéressante au récit qui de façon plus convenue, souligne aussi les liens d'amitiés, un sens de l'héroïsme et du sacrifice qui donne au film un côté convenu, prévisible mais peut-être bien nécessaire lorsqu'aux frontières de l'Europe des hommes se battent au risque de leur vie, par patriotisme, par dévotion qui en anglais signifie « dévouement ».