Tout ce que l'on apprécie des anglais traditionnels, travaillant à Londres dans les années d'après-guerre, en 1953 précisément, est réuni pour ce portrait magnifique. Chapeaux melons, trains à vapeur, et une langue absolument superbe. Mais surtout une très sensible réflexion sur le sens que l'on donne à sa vie lorsqu'elle va vers sa fin.
Nous suivons un chef de bureau, en fin de carrière, confronté à une demande qu'il finira par prendre à bras le corps et dans des cir-constances que sa vie personnelle rendront impératives.
Le récit n'est pas totalement chronologique mais la subtilité très sensibles des scènes de la dernière partie me semble justifier totalement ce montage qui bouleverse alors un peu la narration des événements. Ce film est d'une élégance very British qui donne à l'histoire un supplément de séduction délicieux. Les décors, les costumes, les plans extérieurs dans Londres et à la campagne, la photographie chaude des intérieurs, orangés souvent, donnent envie d'une nice cup of tea.
Et c'est bien la surprise de ce sujet enraciné en Russie et au Japon : l'histoire est inspirée initialement par La Mort d'Ivan Illich de Tolstoï, à l'origine du film de 1952 d'Akira Kurosawa, titré lui aussi Living. Le réalisateur est d'origine sud-africaine, c'est son 5e long métrage.
C'est le talent et la personnalité de Bill Nighy qui a une longue carrière d'acteur mais rarement en premiers rôles, qui subjugue tant il est touchant, toujours juste et d'une grande subtilité de jeu. C'est le cas des actrices et acteurs qui l'entourent et l'on sort de la projection avec ce sentiment de gratitude qu'inspire les gens qui vous reçoivent avec un grand savoir vivre.