C'est le nom d'un cheval mais aussi un événement atmosphérique qui surviendra dans le cours de l'histoire de ce film qui raconte la vie d'un haras normand pendant une vingtaine d'années. Le couple qui assume ce travail... harassant (il n'y a aucun lien entre les deux mots), a deux enfants ; ils seront donc interprétés par des jeunes acteurs différents selon les âges. La beauté des paysages, des lumières, est admirablement rendue et les images sont d'une belle ampleur.
Une autre chose qui me semble très réussie dans ce film à maints égards classique, est le recours au montage alterné qui, dans une séquence centrale, atteint un vrais paroxysme.
Et la course de la fin est aussi d'une grande maîtrise de montage. Lorsqu'on élève des chevaux, il faut qu'ils soient des sources de re-venus, ceux des naissances, ceux des courses qui ici sont de trot, trot attelé ou monté. Et si un cheval galope fusse un bref moment en cours de compétition, il en est éliminé.
C'est tout cet univers qui nous est proposé avec bien entendu des événements nombreux à découvrir en salle.
Le réalisateur, qui filme lui-même au steadycam, a une grande expérience de la direction des enfants (*Le sac de billes -- 351) et des chevaux (*Jappeloup - 34) et les qualités que je mettais déjà alors en avant sont encore aussi présentes cette fois. Ce film très « familial » a nécessité des mises en œuvre très complexes pour fil-mer les chevaux en courses, dont les jockeys étaient informés par oreillettes des actions à entreprendre. Mélanie Laurent est d'une talentueuse froideur et elle donne le meilleur d'elle-même dans des scènes aquatiques. Le mari et père est interprété par un Pio Marmaï très convaincant, il n'est pas ou très peu doublé dans les séquences avec chevaux.
Mais, outre les deux jeunes actrices successives, c'est Carmen Kas-sovitz qui interprète le personnage en fin d'histoire qui doit être remarquée. Elle n'est pas débutante, et elle est une brillante ca-valière ; on la reverra. Comme l'on revoit avec plaisir Kacey Mottet Klein.
Souvenons-nous de lui e.a. dans Keeper (193) L'Echange des princesses (463) ou encore Continuer (597).
Et ces deux personnages qu'ils incarnent l'une et l'autre font la grande richesse de ce film qui met à l'épreuve de la vie une para-plégique et un léger déficient mental.
Ces êtres « différents » sont remarquablement intégrés à la vie ordinaire et je gage qu'autant que l'attractivité des chevaux, c'est cet aspect émouvant et discret du film qui va rester en mémoire des familles qui iront partager un grand moment de beauté et de calme grâce à cette tempête.