Pays de joie... Quel paradoxe pour ce film pakistanais qui nous fait partager, selon le mode « choral » la vie d'une famille traditionnelle de Lahore. Nous ne savons rien de la vie de ces gens et le film est une excellente occasion de les découvrir, le patriarche, autoritaire, ses deux fils, les belles filles qui sont heureuses de travailler. Ce que l'un des fils doit maintenant faire lui aussi. Et là commence une histoire de rencontre avec une transgenre séduisante. Elle exerce ses talents dans une sorte de Disneyland local. La suite à l'écran.
Le dépaysement est total ; la langue, les synergies entre ces adultes un peu à l'étroit dans un logement sans intimité. Il faut être très attentif au déroulement du récit car il passe par d'innombrables petites choses, sortes de litotes visuelles qui s'assemblent comme un puzzle pour nous brosser le panorama d'une vie qui ne convient pas à toutes et tous.
Les acteurs inconnus sont d'une qualité impressionnante par le réalisme des personnages auxquels ils donnent vie. C'est un film qui nous immerge complètement dans un autre univers et qui nous en rapproche car l'on sent le regard bienveillant du réalisateur qui nous montre combien tous sont aimables, même si ce n'est pas dans un joyeux pays.