Oui, j'ai été voir ce film dont je n'attendais rien. Et je n'ai pas été déçu. Trois heures de rien. Mais qu'est-ce qui fascine donc tant le public ? Certes la beauté plastique des images force le respect, mais il n'y a pas de quoi nous en gaver aussi longuement et de façon si répétitive. Les maquillages et effets spéciaux transforment les acteurs en espèces de zombies interchangeables qu'un infantilisme sommaire ou une brutalité de catcheur arrive à peine à distinguer les uns des autres. Les animaux créés en 3D sont évidemment spectaculaires, mais n'étaient-ils pas plus évocateurs de mystères dans Moby-Dick de Herman Melville ou dans les légendes du L*e Monstre du Loch Ness ? Les exosquelettes amusent un moment et les véhicules volants sont très conventionnels sous des allures de vaisseaux spatiaux de seconde main.
Ne parlons pas des dialogues qui sont affligeants. Et les bribes de récits qui lient les scènes d'actions et d'apitoiement sont aussi té-nues que confuses.
Il reste cette pénible impression que le plaisir que l'on prend à cette fresque est la succession sans cesse amplifiée de toutes les per-versités humaines : la violence, la cruauté, la recherche du pouvoir,
le sadisme, l'envie de posséder tout jusqu'à la nature elle-même, le machisme et le racisme sournoisement cachés par les peaux bleues et des accents qui en rappellent d'autres.
250 millions de dollars ont été dépensés et je n'ose imaginer combien ce film en rapportera.
Un précédent film du même réalisateur, Le Titanic est resté la plus grosse recette du cinéma (1,8 milliards) durant 11 ans ! Battue par les recettes du premier Avatar (2,78 milliards de dollars). Alors pourquoi renoncer à repasser les plats ? Cameron est, après Spiel-berg, le faiseur des plus grosses recettes du cinéma mondial.
Il est aussi l'un des inventeurs les plus féconds de techniques de prise de vue, notamment sous-marines, et un développeur inlas-sable des moyens nécessaire à la création d'effets spéciaux en post-production.
Ce film est certainement un festival de toutes ces maîtrises. Et que ceux qui l'aiment le suivent.