Ce mot Tár est le nom propre d'un personnage de fiction, Lydia Tár, chef d'orchestre au sommet de sa notoriété et de sa gloire. Le film débute par un générique qui n'en finit pas et qui irrite le public d'autant plus qu'il est en caractères illisibles.
Ensuite se succèdent un certain nombre de longues séquences très théâtrales : une interview biographique, un déjeuner en tête à tête, une master classe, bref très progressivement l'on entre dans la vie, l'intimité de cette femme, de ses angoisses et de ses désirs. Avec bien entendu l'émergence des conflits que cela suscite. Mal-heureusement tout est lent, répétitif et assez abscons. Dans ce milieu très prestigieux des grands orchestres de réputation mondiale, en devenir la cheffe attitrée provoque une hypertrophie de l'égo et la convoitise de l'entourage, surtout si se superposent des typologies un peu caricaturales, celle de la compagne jalouse, de la secrétaire servile, de la jeune découverte qui génère chez la cheffe un comportement de Pygmalion. Tout ce petit monde s'affronte à fleurets mouchetés mais lorsqu'une campagne de presse médi-sante surgit suite à un drame, les choses vont se précipiter.
Le spectateur doit rester attentif car les dialogues sont surabon-dants et les scènes qui pourraient annoncer des éléments essen-tiels à la compréhension de la suite nous laissent trop souvent sur notre faim.
Todd Field a une riche carrière d'acteur, de réalisateur pour la télé, et ceci est son troisième long métrage ; il en est l'auteur du scénario. Scénario un peu ébouriffé dont seule émerge la brillante pres-tation de Cate Blanchett, bien entourée par ailleurs par d'autres personnages un peu sous utilisés et sans nuances.
Comme de nombreux éléments relèvent d'une culture ampoulée, allons-y pour en expliciter quelques-uns.
Il est question d'un peuple Shipibo-Conibo d'Amazonie que vous croisez au Pérou sur les rives de l'Ucayali. Il est publié à leur sujet des livres sur le chamanisme qui utilise les psychotropes. Le film fait entendre un de leurs chants, supposé enregistré par la cheffe en ses débuts de vie professionnelle. Ça pose !
La salle de concert utilisée pour le film est celle du philharmonique de Dresde qui se caractérise par sa forme dite « de la vigne » par analogie entre le positionnement des sièges et des rangs avec des plants d'un vignoble.
Martin Alsop est, elle, une cheffe de grand prestige connue en Bel-gique pour avoir dirigé les finales du Reine Elisabeth en 2013 et 2015. Vivant en couple avec une femme, elles ont un enfant. Et sans que le film Tár ne soit inspiré ouvertement de sa biographie, cette cheffe a souligné les tares de ce scénario qui présente maints aspects de sa vie d'une façon qu'elle désapprouve et au sujet des-quelles je vous laisse le soin de vous faire votre opinion en sortant tard de la salle : le film dure 2 heures 38 !