Sans vanité, je me permets de suggérer la (re)lecture des bil-lets relatifs à deux autres films du même réalisateur, qui en est à son 9e titre. Harmonium (366) et L'Infirmière (A girl Missing) (781) contiennent ce qui se retrouve qui dans ce film-ci et lui donne les mêmes qualités : style d'interprétation des acteurs, utilisation des cadres, modestie des musiques, et ce goût pour les petites saynètes qui, en se succédant à un rythme retenu, lent, composent une sorte de ballet qui illustre sans doute un titre que nous pour-rions traduire comme une injonction : Aime la vie.
Les personnages qui vivent pour nous ces quelques jours sont simples à décrire : le jeune fils d'une femme qui vit avec un mari qui n'est pas le père de l'enfant et les parents de cet homme ne manque pas de le lui reprocher par ce qualificatif infament de « recyclée » pour désigner leur bru. Et l'amie qui avait les faveurs de cet homme avant qu'il ne partage la vie de la jeune et jolie maman. Il y a aussi le père de l'enfant qui souffre de surdité.
Tout ces personnages vivent dans un milieu urbain japonais qui ne manque pas de nous dépayser. Et le jeu OTHELLO occupe une place symbolique centrale dans cette histoire subtile qui se déroule dans un style très travaillé, très retenu.
Le jeu Othello a été inventé en 1971 par un japonais, Goro Hasegawa comme vous vous en souvenez certainement. En 2016 un cham-pionnat du monde junior est créé. Le jeu consiste à inverser la couleur, noire ou blanche, des jetons sur un damier en suivant des règles simples.
Et nous verrons durant le film que les protagonistes de la même manière, changent du tout au tout en un instant pour des motifs différents que vous découvrirez avec raffinement et patience dans ce film aussi surprenant qu'élégant.