Et ce film mérite d'en avoir aussi ! D'abord parce qu'il est drôle, qu'il se démarque très positivement des films franchouillards qui se veulent comiques.
Ensuite parce qu'il rassemble d'excellents acteurs peu ou pas assez utilisés. Et parce que la structure du récit est très habilement mise au service d'un humour qui dépasse les punch line et qui ose aborder des sujets plus ou moins refoulés dans les familles tradi-tionnelles, françaises comme celles issues de la diversité. Le film commence par la mise en scène du livre qui nous est lu.
Nous sommes immergés dans la famille Salem qui vit dans le midi et dont le fils Youssef connait un destin très parisien dans un milieu admirablement montré. A découvrir en salle.
La liste des questions évoquées, généralement de type commu-nautaire, est particulièrement foisonnante. Elles le sont surtout sur un ton qui reste léger, même si les sujets sont graves.
Des textes à l'écran sont utilisés pour séquencer le récit et la voix off nous accompagne à de nombreux moments, en particulier la séquence d'ouverture du film ; elle donne le ton à la fois pudique, distancié et tellement amusant qui va caractériser tout le récit.
Nous avions apprécié l'acteur Ramzy Bedia dans Lola et ses frères
(565) La Lutte des classes (640) Cette musique ne joue pour personne (859) parmi une carrière très diversifiée, mais abondante. Ici, il m'a semblé incarner parfaitement le personnage. Sa sœur est de la partie, Melha Bedia, irrésistiblement drôle et Noémie Lvovksy se lâche dans un rôle très amusant.
La réalisatrice a souvent été actrice et cela se sent dans la façon très fluide et dynamique de diriger chaque membre de cette famille. Elle fut e.a. l'institutrice de La Lutte des classes (640) et co-scénariste, comme elle le fut dans Les Goûts et les Couleurs (994) ou elle incarne l'inoubliable représentantes de la SACEM, films réalisés par son mari. Elle a réalisé différents formats pour la télé. Sa maîtrise du récit, le rythme toujours soutenu du film lui donnent ici l'occasion d'une réussite très bien menée.
L'affiche du film me semble particulièrement ratée ; ne vous laissez pas dissuader.
Quand un écrivain naît dans une famille, c'en est fini de cette famille.
Cette phrase de Philip Roth est appelée à donner le ton de l'histoire.
Pour les curieux : <https://www.liberation.fr/livres/2018/05/23/> philip-roth-et-ses-doubles_1624296/