Funéraire ! Et c'est dommage de louper ainsi un excellent sujet. D'autant que le réalisateur nous avait habitué à un travail de très bon artisan et ce film renoue avec sa carrière interrompue longuement.
Le scénario est hybride qui mélange maladroitement trois sujets. Un groupe de musiciens concurrent vivant à huis clos. La vie d'une jeune fille marquée par des drames familiaux vécus aux Etats-Unis. Et la passion pour la musique dans sa phase cruciale, celle qui vous élèvera au zénith ou vous laissera dans une zone grise.
Ce groupe vivant enfermé comme il convient avant la finale du concours est une suite de clichés, des scènes mal préparées, caricaturales, sans aucune justification autre que de susciter quelques éclats entre concurrents. Rien qui n'émeuve ou n'intéresse.
Le montage qui nous amène plic-ploc des flash-back illustrant la jeunesse traumatique de cette jeune fille sont totalement dénués d'âme et si un peu de surprise au début accompagne la découverte
des parents, rien ensuite n'est construit pour amener au drame fondateur de la vie de cette gosse. Mais l'on nous en sert quelques couches en entremets.
Quant à l'activité prétexte de l'histoire, un concours musical, nous n'en apercevons que quelques moments sans passion.
Vous apprécierez dans le film une certaine virtuosité des mouvements de caméra qui viennent chercher les gros plans de la pia-niste avec une agilité remarquable. Il y a des brefs moments qui semblent d'une réelle intensité.
Mais le film se termine comme il a commencé, arbitrairement et sans être bien construit, sans surprise. Une triste déception car il y avait un « vrai » sujet comme il faut dire lorsque l'on n'est pas capable de définir mieux quelque chose ou quelqu'un. Ici, une « vraie » déception.