Un film Art Déco, très visuel et archiconvenu car il utilise les codes du film noir, quitte à essayer d'être original ici ou là. Une enquête sans intérêt qui permet au célèbre « privé » d'aller de rendez-vous en rendez-vous, séduction, bavardage, coup de poing, c'est selon. Inutile de raconter l'histoire, elle l'a été déjà 100 fois avec bien entendu des variantes qui permettent aux scénaristes d'exercer leur sagacité.
Comme aujourd'hui tout le monde veut faire du « méta cinéma », nous avons droit à quelques scènes de tournage qui sont assez amusantes. Et une grande élégance des mouvements d'appareil lorsque la caméra est en mouvement ; voyez les premiers plans du film.
Greta (670) de ce réalisateur nous avait déjà amené dans un univers aussi artificiel qu'horrifique. Ici, peu d'horreur, mais du polar à l'an-cienne. Ce qui donne aux toilettes des dames un charme suranné délicieux. Le réalisateur irlandais, pays décidément généreux en talents de cinéma, a déjà une longue carrière et il s'est surtout distingué comme auteur. Ici, on le sait, c'est Chandler qui est l'auteur initial et il doit y avoir pour les connaisseurs de très nombreux clins d'yeux. En 2007 Rob Bowman réalisa un autre Marlow parmi la petite vingtaine de films policiers inspirés par le même auteur. Le privé est interprété cette fois par Liam Neeson, et ses principales parte-naires sont Diane Kruger et Jessica Lange. Rien que du beau linge ; un peu amidonné hélas.
Si l'action est supposée se dérouler à Los Angeles, le film a été tourné pour les extérieurs en Espagne et en studio à Dublin. Ce qui accentue un peu le côté « décors de carton-pâte » mais qui ne manque pas de charme.
Ce qui amusera aussi, c'est la proximité sur nos écrans de Babylone (1111) qui, comme ici, donne du Hollywood d'avant-guerre une image particulièrement malsaine ; est-ce le message subliminal de ces films ?
Contentons-nous de nous laisser distraire.