Un film qui fait penser à ces objets précieux d'artisanat rarissime, que l'on ne sort de leurs écrins que pour les admirer en pleine lumière, au calme et avec une forme de déférence que l'excellence impose.
Le récit est celui d'une famille, les Fabelman, que l'on suit durant une petite vingtaine d'années. Le couple a 3 filles et un fils ainé, personnage central qui fait, par certains aspects de ce film un nouveau coming of age. Nous sommes dans les années cinquante et tout est admirablement montré qui reconstitue l'époque. La pho-tographie sur pellicule est particulièrement travaillée, d'autant que les images sont enregistrées en 8, en 16 et en 35 millimètres.
Le jeu des acteurs est parfaitement harmonisé dans ce léger déca-lage esthétique qui fait « époque ». Un peu d'outrance, une sensibi-lité très extravertie, les piaillements des gosses, les cris soulignant les enthousiasmes, les mimiques parfois appuyées qui contribuent à ce style qui sent un peu l'antimite. Presqu'incidemment l'on comprend que la famille est juive, ce qui va devenir un point central lorsque Sam, le fils, sera au Collège. Et ce qui nous vaudra une séquence de syncrétisme vers la fin du film qui est particulièrement amusante. Des séquences amusantes, il y en a beaucoup et vous apprécierez David Lynch dans une courte scène qui est excellente.
La séquence avec l'oncle interprété de façon fantasque par Judd Hirsch est aussi un moment, comme tant d'autres, qui permettent d'exprimer les pensées d'un des plus brillants cinéastes de l'histoire du cinéma, mais de façon amusante et pleine de complexités.
Le côté métafilm est parfaitement assumé ce qui nous vaut d'autres moments très savoureux durant lesquels nous suivons l'apprentissage du cinéaste en herbe.
Il est difficile de ne pas voir que ce récit a une forte composante autobiographique ; le genre de l'auto-biopic est-il inauguré par ce film ?