Cinéma Inferno pourrait-on dire par allusion au si beau film de Giu-seppe Tornatore Cinema Paradiso. Car c'est bien l'enfer quotidien de Kaboul que nous découvrons pendant les années du régime de Hamid Karzai et avant le retour des Talibans au pouvoir en Afgha-nistan. Inutile de dire que depuis, il n'y a plus de cinéma à Kaboul.
Ce film documentaire très intéressant pour les « voyageurs im-mobiles » comme moi, nous fait partager le quotidien de l'équipe qui tente de faire vivre cette salle (et d'en vivre). Les portraits sont traités avec nuance et émotion (Ces gens sortaient d'une guerre atroce) et les problèmes auxquels l'islamisme les confronte seraient simplement hilarants s'ils n'étaient les précurseurs de la chappe qui s'est abattue depuis le 15 août 2021 sur cette population.
Ce film est totalement dépaysant et donne un sens à la nécessité de témoigner de façon poignante d'une forme de naufrage, celui de la liberté et du simple plaisir qu'un cinéma peut procurer à une population qui n'en connait guère d'autres.
La réussite de ce film tient aussi à l'osmose entre l'équipe suédoise et afghane dont on se demande comment elles ont pu surmonter la barrière de la langue et tous les problèmes qu'un tournage dans ce pays peut provoquer. Ce film fait honneur au cinéma, et pas seulement le dernier à Kaboul.