Si l’expression feel good movie était à inventer, ce serait pour ce film. Tout est charmant, touchant. Il y a une idée très originale : une famille muette dont seule la fille est parlante. Pas d’apitoiement mais d’innombrables situations comiques dues à cette particularité. Consultation gynécologique, campagne politique, autant de moments parmi tant d’autres où ce handicap est utili-sé de façon amusante, pour contribuer à l’ambiance de comédie. Ambiances riches aussi dans le milieu scolaire. Beaucoup de ces jeunes ont des répliques qui claquent, peut-être parfois clichées, mais c’est la loi du genre. Le prof de chant est une réussite rare. Beaucoup de scènes collectives, de groupe, au village, à l’école, sont bien rendues. Et les atmosphères familiales à la ferme sont riches d’émotions aussi. Même si Karin Viard en salopette de fermière n’est pas très crédible, même si tout est trop beau et propre, même si le tracteur est trop rutilant et les vaches semblent sorties d’un car-wash.
Mais le spectateur se laisse aller, il y a beaucoup de tendresse et de drôlerie que François Damien n’arrive même pas à gâcher avec son regard de méduse et sa face de crustacé. Il est aussi mauvais que dans Les vacances du petit Nicolas ou Tango libre.
Et il ne se rend pas compte que les prix qui lui sont décernés le sont au François Pignon du cinéma belge, sorte de dîner de con dont il est l’invité permanent.
Une chose étonne peut-être : l’usage bien intégré des chansons de Michel Sardou contraste avec la bande musique qui est d’une médiocrité qui attire l’attention.
Deux choses encore qui font plaisir : les paysage de Mayenne ; personne ne sait où se trouve cette superbe région en France. Et l’actrice magnifique qui débute, Louane Emera qu’on aimera certainement à d’autres occasions encore.