La comédie française au cinéma en pleine « transition » ! Il fallait craindre le vulgaire et les clichés sur cette question très dans l'actualité, eh bien, heureuse surprise, ce film est écrit avec tact et humour, même s'il ressemble au parcours d'un funambule risquant la chute à chaque séquence. Le titre est éponyme d'une chanson de William Sheller qui en connait un bout sur les questions de genre.
L'histoire est on ne peut plus classique : le Maire réac d'une petite ville française est père de 3 enfants adultes dont la mère va se poser des questions sérieuses et graves sur son identité. Elle rencontrera un groupe de parole qui va ouvrir et enrichir ses réflexions, et celles des spectateurs, de façon surprenante, intéressante et amusante.
Le film est tourné à Montreuil-sur-Mer ce qui donne un cachet délicieusement provincial, un peu « à l'ancienne » de cette petite ville qui se prépare aux prochaines élections municipales.
Ce qui frappe d'abord dans le film, c'est la qualité des dialogues et le rythme général du montage, mais aussi du phrasé des acteurs principaux que l'on sait excellents : Fabrice Lucchini et Catherine Frot. Et je ne résiste pas au jeu de mot calamiteux de « Qui s'y Frot s'y pique » vous verrez pourquoi. Ce film étant réalisé par le fils de Jacques Séguéla, il est permis de penser que tous les leviers d'une communication efficace ont été convoqués pour écrire cette histoire qui est son 4e film. Le scénariste à (grand) succès est Guy Laurent, connu pour ses collaborations avec Jugnot, Chauveron, e.a. et il a contribué une nouvelle fois au traitement d'un sujet délicat, voire polémique, avec l'habileté d'un lanceur de cailloux qui font des ricochets de rire en rire.
Artus est un humoriste qui fait une prestation sympa dans ce film et ajoute une espèce de modernité façon « réseaux sociaux » à la campagne électorale, mais pas seulement !
Les comédiens du groupe de parole sont tous « transgenres », et ce film permet de se familiariser (un peu) avec le vocabulaire utile pour nuancer ces questions qui concernent les personnes non-binaires, les transidentitaires ou les cisgenres, termes qui nous rappellent nos cours d'histoire latine qui distinguaient les territoires cisalpins et transalpins. Ici la question est plus nuancée puisqu'il y aurait 52 options d'identités de genre reconnues...
Pour les scénaristes, il y a de l'avenir et pour plus d'info : https:// [www.slate.fr/culture/83605/52-genre-facebook-definition](http://www.slate.fr/culture/83605/52-genre-facebook-definition)