La cinématographie roumaine n'est sans doute pas de celles les plus présentes à nos esprits. Et pourtant : 4 mois, 3 semaines, 2 jours puis Au-delà des collines, Le Baccalauréat (343) et R.M.N. (1054) Bad Luck Banging Or Loony Porn (893) Sierenevada (367) Seule à mon mariage (611) aussi The Whislers (743) sans oublier Train de vie (que j'ai contribué à produire, en son temps...) parmi tant d'autres en montrent la richesse et la diversité. Et l'une des sources d'inspiration dominante est évidemment liée à l'histoire récente de ce pays de l'ancien bloc soviétique.
Le scénario de ce film-ci s'en inspire aussi, les faits se déroulent en octobre 1972 à Bucarest. C'est le régime de terreur encore qui ne connaîtra son épilogue qu'en décembre 1989. La Securitate agit en toute impunité au service de Ceauşescu.
C'est le 15 octobre 1972 qu'un tennisman américain, Stan Smith, gagne la Coupe Davis contre le joueur roumain Ion Tiriac, match lé-gendaire qui a lieu à Bucarest. Le choix de la date de l'action du film et de cet événement est-il une allusion politique ? Toujours est-il que nous allons vivre quelques heures avec un groupe de jeunes qui ne rêvent que de culture américaine et écoutent la radio interdite, Radio Free Europe, dont l'émission est éponyme du titre du film.
Trois sujets s'entremêlent de façon inégale. L'histoire d'amour très coming of age entre l'actrice principale (excellente) et un jeune dont le comportement est très ambigu. Peut-être à cause d'un prochain voyage ?
La relation entre cette jeune fille et ses parents dont nous décou-vrirons comment et pourquoi ils pèsent de façon déterminante lorsque des choix moraux essentiels devront être faits à deux moments du film. Et, troisième sujet, la manière dont les flics agissent pour terroriser les plus insignifiants des étudiants, par ailleurs très BCBG, pour un motif que nous considérerions comme futile au-jourd'hui, mais qui était considéré comme un crime alors. Attitude qui s'observe aujourd'hui encore en Russie par exemple !
La façon de filmer (de très longs plans), de monter les séquences, de s'appesantir sur des moments certes psychologiquement importants, mais un peu statiques, tout cela donne au film un style singulier et sommes toutes attachant malgré l'ambiance plombée aussi par le choix de l'éclairage qui, comme les décors, donne au film ce côté ancien. Même si les séquences de fin ne sont pas d'une lisibilité absolue, elles ouvrent la réflexion au-delà de l'anecdote de l'histoire, pour nous confronter à l'Histoire qui fut celle de cette jeunesse.