Un grand succès dans le genre « film de province française » où tout s'arrange parce qu'au fond, personne n'est vraiment méchant. Pour se préparer à s'immerger dans ce petit village breton du Mor-bihan qui sombre faute d'habitants jeunes, écoutez la chanson choisie pour le générique de fin, interprétée par Bourvil, écrite par Noël Roux et mise en musique par Hubert Giraud, La Tendresse, car le film en dégouline de façon délicieuse, mélangée à un genre d'humour qui ne fait de mal à personne. Mélanie Auffret, bretonne d'origine, a sans doute rassemblé dans ce scénario co-écrit avec Michaël Souhaité (partenaire déjà du premier film de la réalisatrice, Roxane) nombre de souvenirs qui donnent au personnage central sa
richesse amusante : enseignante, maire et ombudsman en toutes occasions. Julia Piaton trouve là un rôle qui lui permet de donner la mesure de ses talents et Michel Blanc lui donne la réplique de façon très amusante. Il faut dire que l'illettrisme de ce dernier est un bon sujet de comédie, surtout lorsqu'il découvre que les lettres assemblées A & U se prononcent O et comme lui fait remarquer une petite copine de classe, P & H se prononce F. La réussite de ce film feel good tient aussi à l'ensemble des intervenants qui créent une ambiance potache et bienveillante dans le village. C'est animé, sensible et plein de petites trouvailles qui mettent de très bonne humeur. Oserait-on dire que c'est Splendid ?