Un voyage organisé. Depuis le Danemark en 1997, un groupe de braves gens s'apprêtent à passer quelques journées dépaysantes à Paris. Dans le groupe, une jeune femme est très fragile menta-lement et sa sœur et son beau-frère l'ont généreusement extraite de l'institution qui l'héberge. Pour connaître la suite de ce voyage, il suffit de voir le film. Il est tourné avec énormément de bienveillance pour cette femme fragile qui se fit surnommer Rose en un temps déjà lointain. Elle a un but en acceptant ce voyage éprouvant et nous verrons comment elle arrivera au bout de ses peines. Le film est intéressant pour deux raisons au moins : la fine observation de la dynamique de groupe parmi ces voyageurs qui ne se connais-saient pas. Ce qui nous vaut quelques scènes très savoureuses ! Et le suivi intime de la souffrance de cette jeune femme, mais aussi de sa sœur, toutes deux sous l'emprise d'une mère très pathogène !
Il y a un certain nombre de personnes qui, à plusieurs moments de l'histoire, joueront des rôles clés, originaux, qui nous surprennent par la singularité des relations qu'ils établissent avec la jeune femme perturbée. Le réalisateur a déjà une grande expérience, ciné, télé, etc. avec e.a. à son palmarès Millénium en 2009. Le générique nous indique que l'histoire est inspirée de faits réels. Soit ; mais cela n'ajoute rien à son intérêt sauf à souligner combien est douloureuse la situation de schizophrène et celle de leurs proches. Ce film-ci risque de passer inaperçu et ce serait dommage car il est empreint d'une profonde humanité et le déroulement de l'histoire se fait avec la délicatesse d'une musique de chambre où chaque instrument dépend des autres mais où des moments subtilement amenés permettent à chacun de s'exprimer dans leur singularité. Et c'est important lorsque l'on vit quelque chose qui n'est pas rose.