L'idée est charmante de mêler la vie trépidante, tendue, d'un EHPAD (voir le sens de cet acronyme à 1113) à celle d'une classe d'élèves de primaire qui doit venir prendre ses repas là où vivent des personnes placées.
On devine immédiatement les rencontres et les conflits, les atta-chements et les incompréhensions qui seront illustrés avec entrain et humour.
Le film a au moins cette vertu, nous faire partager le quotidien de ces lieux tant redoutés pour nos fins de vie, mais incontournables pour tant de gens qui y attendent leur décès.
La réalisatrice nous avait stupéfait avec son compagnon co-met-teur en scène dans Les Chatouilles (587). Je n'ai pas retrouvé ici la même subtilité, le même tact dans les nombreuses séquences qui se succèdent sans véritablement construire une histoire. Ce sont des petits récits juxtaposés qui montrent l'évolution des liens dé-crits avec un réel sens de l'observation.
Marie Gillain (otage du tax shelter) est pleine de charme, Vincent Macaigne a été bien meilleur car ici il en fait des caisses, sans doute par manque de direction d'acteur.
Mais les dialogues sont très travaillés et la façon dont sont filmées des personnes âgées, diminuées déjà, est époustouflante. Imagi-ner le tact et la patience qu'il aura fallu pour arriver à ce résultat est impensable, n'importe qui de sensé aurait renoncé avant de commencer le tournage.
Ici le résultat mérite très largement qu'on vienne l'admirer, même si le film cherche (longuement) sa fin, son point de chute. Et aussi le sens du titre.