Les 4 P : Politique, Policier, Psychologique, Présomption. Un film palpitant qui nous plonge dans une histoire vraie et contemporaine, à rebondissement qui mélange les 4 domaines évoqués pour terminer de façon non conclusive.
Isabelle Huppert est toujours aussi souriante et pleine d'empathie, son mari, Grégory Gadebois est plutôt effacé et le reste du casting est parfaitement distribué pour ce film très français qui nous permet de suivre un combat dont les règles ne sont pas déterminées. Il met une déléguée du personnel face à une forme de cynisme, ce-lui des grands accords internationaux qui passent au-dessus des contrôles démocratiques, ce qui est d'autant plus choquant qu'il est question ici de centrales nucléaires. Le rythme du film est très soutenu, les décors nombreux et bien exploités.
Le cœur de l'histoire n'est pas à dévoiler mais c'est un événement dont la lecture variable selon les uns et les autres, va mettre le destin de cette syndicaliste dans une situation extrêmement complexe.
Le réalisateur a déjà de la bouteille et il a dirigé Isabelle Hupper dans La Daronne (786) qui baignait dans le même genre d'ambiance, mais sans faire de ce film-là une réussite. Ici nous restons suspen-dus à l'évolution de l'histoire et cela suffit à notre intérêt.
La société Areva a bien existé sous ce nom qui lui vient d'une abbaye espagnole Arevalo. Mais la complexité de ce réseau d'entreprises, dont EDF, Framatome, Orano et d'autres à travers le monde n'est pas rendue dans le film qui simplifie à outrance les enjeux auxquels la syndicaliste se heurte un peu comme David contre Goliath. Ce qui affaiblit l'intérêt de l'histoire et l'on se concentre alors sur l'action policière. Alors que le véritable personnage intéressant est Anne Lauvergeon, interprété par la remarquable Marina Foïs. Mais il faut admettre que son histoire est tellement complexe qu'une produc-tion française peinerait sans doute à en rendre compte. Elle fut au début des années 2000 l'une des femmes les plus puissantes dans le monde des affaires.
Maureen Kearney d'origine irlandaise, professeur d'anglais chez Areva où elle fut déléguée CFDT, se trouve confrontée à tellement plus puissant et complexe qu'elle. Malgré toute l'empathie qu'ins-pire son personnage le film ne répond pas à l'enjeu de son combat. Mais il répond bien au plaisir d'un film rondement mené avec un suspens de grande classe.
Et avec un petit arrière-goût de poujadisme.