Ce film n'est pas condamnable, mais il inspire ce sous-titre un peu dédaigneux : Du cinéma de boulevard.
Avec un casting exceptionnel en nombre et en qualité. Ce qui nous vaut des échanges très théâtraux, aux dialogues ciselés et souvent en forme de punch line amusantes. Dany Boon tout frisoté parlant avec un accent marseillais et buvant du pastis, ce n'est pas banal.
Il faudrait citer tout le monde, Isabelle Huppert aux lèvres rouges encore une fois, Nadia Tereszkiewicz dont il va falloir apprendre le nom, après e.a. performances celle dans Les Amandiers (1039) et sa partenaire Rebecca Marder très remarquée déjà dans Une jeune fille qui va bien (941) et Simone (1048). Ce qui est intéressant dans le jeu des acteurs c'est qu'il a été harmonisé par un réalisateur chef d'orchestre qui est arrivé à donner à tous un ton légèrement décalé dans la façon de parler, de jouer. Cela donne un style à la comédie et les décors très sophistiqués comme par exemple la maison Empain et des costumes très élégants, (et quelques belles bagnoles !) ajoutent un côté Sacha Guitry et Feydeau à ce jeu de société qui ne tue personne, mais qui amuse. Le scénario est inspiré par une pièce de théâtre, et cela se sent, de Georges Berr et Louis Verneuil écrite en 1934 par ces auteurs qui eurent un immense succès mais qui sont bien oubliés aujourd'hui. Et l'on comprend pourquoi en voyant ce film qui sent la naphtaline.
Mais il y a une gaité bourgeoise dans cet imbroglio qui consiste à tirer profit d'un crime dont on découvre que celle qui en a été ac-quittée n'en est sans doute pas le véritable auteur !
On se laisse amuser et les propos féministes donnent bonne conscience aux spectateurs qui s'en vaudraient de s'être laissé aller à une distraction du niveau de Au théâtre ce soir.
Mais pourquoi pas après tout ? Il n'y a pas mort d'homme.