Tourné au Costa Rica, dans la ville natale de la réalisatrice formée à l'INSAS, ce film « belge » sera difficile à défendre mais il mérite particulièrement de l'être.
L'histoire est simple : les parents divorcés ont deux filles. La ca-dette, jeunette encore, exprimera ses angoisses de façon tou-chante. L'ainée, toute jeune adulte, va adopter un comportement aussi provoquant que révélateur de son âge et de ce qui l'habite.
Et c'est particulièrement émouvant car la souffrance de ces deux filles est palpable à chaque plan. Les parents sont loin d'être des modèles mais c'est leur âpreté qui donne aux relations familiales une tension, une force impressionnante, violente parfois.
Un premier film d'une femme autour du coming of age qui en présente plusieurs aspects qui nous amènent à ressentir, à partager ce qui peut pousser des êtres fragiles vers des attitudes qui devraient être pressenties comme sans issues. Mais qui attirent, fascinent comme les envies sexuelles qui envahissent le corp de cette très jeune fille prénommée... Eva !
Ce film me semble très original, par le traitement du sujet, l'absence de musique extradiégétique, par les acteurs inconnus qui sont parfaitement convaincants, par le mélange entre la vie ordinaire et les espoirs de poésie, de vies meilleures et de reconnaissance dans un monde voulu sans violence. Un talent reconnu en festival et qui sans doute rêve de l'être par un vaste public.