Une merveille ! A découvrir sans rien en savoir car il faut que l'histoire singulière et très émouvante se révèle au fil du récit pour en conserver toute sa puissance émotionnelle. Alexandra Lamy a un fils et une mère. A partir de là se construit un histoire que l'écou-lement du temps va modifier et nous allons partager une sorte de voyage dont les étapes souvent très originales, vont scander la vie de cette mère qui doit « cocher » toute les cases du journal intime de son fils. Ce journal intime sert de fond graphique aux génériques de début et de fin d'une façon aussi originale qu'élégante. Voilà qui nous change des génériques en lettres blanches illisibles sur fond noir.
Petit à petit apparaissent dans le récit des personnages tous atta-chants par leur attitude, leurs relations avec la mère qui ne recule devant rien. Muriel Robin en grand-mère déjantée est touchante, l'ami, Xavier Lacaille, est scénariste et acteur d'occasion ; on le re-verra. Épinglons encore Eye Haïdara en toubib très sensible, vue
e.a. dans Le Sens de la fête (439) et remarquée dans Les Goûts et les Couleurs (994). Tout le casting me semble équilibré, tant les jeunes que les personnages dans la maturité. Le recours systématique aux gros plans sur les visages permet qu'aucune des subtilités des émotions qui y transparaissent n'échappent aux spectateurs.
Lisa Azuelos a un parcours personnel riche et passionnant, autrice entre autre du néologisme « gynophobie », elle est très engagée dans les questions féministes.
Ses précédents films ont connu des succès relatifs, et l'on se sou-vient du biopic Dalida.
Ici le scénario éponyme d'un roman à succès de Julien Sandrel est la base du travail de la réalisatrice qui n'a pas souhaité lire ce ro-man ! Elle a réussi de façon subtilement alternée à faire cohabiter rires et larmes dans cette comédie dramatique et familiale. Le traitement du sujet paraitra excessif ou peu crédible à certains, mé-lodramatique à d'autres mais il est parfaitement adapté pour faire réfléchir à un sujet essentiel et je peux attester de mon expérience familiale (certes ancienne) qu'il ne faut jamais croire que l'on sait, que la solution est d'évidence lorsqu'on est dans une chambre dont nul ne peut prédire la façon d'en sortir.