« A horse, my kingdom for a horse », cette réplique de Richard III de Shakespeare qui exprime la déchéance du souverain prêt à tout donner pour sa seule survie a rendu le personnage célèbre. Mais ce film tend à démontrer que ce personnage de tragédie n'est pas celui que chacun croit connaître, dernier roi Plantagenêt décédé en 1485 à la bataille de Bosworth dont on découvre le magnifique paysage en fin de film. C'est la fin de La Guerre des deux roses et le début des Tudors. La Richard III Society rassemble nombre de personnes passionnées par cette histoire et en particulier le mystère de la sépulture du roi tué au combat.
C'est ce que nous raconte le film, avec beaucoup d'humour et en prenant une charmante mère de famille comme personnage central, ce qui est historique car c'est bien elle qui, à force d'obstination, a permis aux fouilles de se faire et d'être fructueuses.
Derrière ce récit très factuel il y a une description très acide des milieux universitaires et politiques qui, ne voulant s'associer en rien à ce projet, se l'approprient dès qu'il aura tout l'éclat que l'on imagine, avec funérailles somptueuses. Et un city marketing qui s'annonce munificent pour Leicester, ville natale du réalisateur, célèbre pour Les Liaisons dangereuses et, e.a., Florence Foster Jenkins (289) et Victoria and Abdul (442). Ce film-ci est moins fastueux, mais l'humour y est distillé avec le même talent très british.
La comédienne, Sally Hawkins qui assume le rôle difficile de l'his-torienne amateur est la grande artiste que nous avions admiré déjà dans Blue Jasmin (088) et La Forme de l'eau (477) par exemple. Le film vise clairement à faire un biopic en l'honneur d'une femme.
Un des charmes du film est la concrétisation des moments de dialogues que l'actrice entretient avec le roi lui-même. Dans un film contemporain, voilà qu'un souverain du 15*e siècle est à l'image. Quel tour de farce ! Ne perdez-rien de ce film, c'est royal.