Ce film normal nous plonge dans la vie d'un père qui vit avec sa fille, normalement apparemment. Nous comprendrons très rapidement que le père est de plus en plus dépendant de sa fille, murie avant l'âge car confrontée seule à la maladie du père.
Parallèlement à cette vie « d'aidante » dévouée, cette adolescente suit sa scolarité qui n'est pas des plus simples à cause de quelques meneurs et de certaines sensibilités qui s'accommodent mal. Elle écrit une sorte de journal intime qui nous ouvre un peu à ses rêves et la voix off qui par moment évoque les pensées, explique les situation, contribuent à donner au film un style de récit singulier.
Nous allons suivre ces deux fils narratifs qui s'entrecroisent et qui seront troublés par l'intervention pleine de bonne volonté d'une personne qui voudra aider, assister cette famille. C'est un peu ce que fait ce réalisateur remarqué par son travail en milieu socia-lement très défavorisé et par un film témoignage, Swagger (373) qui exprimait déjà toute sa délicatesse, sa sensibilité aux cabossés de la vie. C'est ce qui rend cette fiction touchante, même si elle n'apporte pas le souffle de l'originalité ou du spectaculaire. Les nombreux sujets qui y sont abordés le sont avec tact et subtilité : la toxicomanie, le mépris pour les homosexuels, la relation père/ fille qui s'inverse et d'autres déjà évoqués dans la pièce de théâtre dont ce film s'inspire : Le Monstre du couloir de David Graig, auteur écossais.
L'histoire se déroule à Chelles, lieu inconnu mais bien réel à l'Est de Paris, en Seine-et-Marne.
Il s'en dégage une ambiance provinciale, un peu grise et ou une grande souffrance humaine essaye de se cacher. Le film nous en donne une image crédible et touchante.