Infiniment aimable. Film réaliste dont le récit s'étend sur une dou-zaine d'années, il met en présence une sœur, un frère, l'amie de la sœur. Et d'autres. Mais c'est typiquement une histoire dont il ne faut rien savoir car elle est à découvrir, bien menée et surprenante. Nous aurons l'occasion d'être témoin de nombre de scènes qui nous parlent non pas « d'une histoire d'amour » mais de l'amour dans l'histoire de ces personnages. C'est original, très bien ressenti et admirablement dialogué. Les interprètes sont des découvertes et ils m'ont paru excellents. Du réalisateur, nous avions apprécié Ed-mond (586) qui fût une pièce de théâtre avant d'être un film, comme ce sujet-ci, mis en scène par le réalisateur avant qu'il n'adapte ce sujet pour le cinéma. Et il joue le rôle du frère ! Les deux autres actrices étaient de la distribution au théâtre, mais peu connues au cinéma ; ce qui ne durera pas, elles sont exceptionnelles : Katia la sœur est jouée par Juliette Lacroix et Marie-Camille Soyer est Justine, l'amie. Et l'on souhaite une belle carrière à la toute jeune Léontine D'Oncieu.
Charles Aznavour chante à la fin son texte de Et pourtant dont la musique est signée Georges Garvarentz. Certains réagiront à ce film avec un dédain comme celui qu'inspire parfois ce genre de chanson. C'est injuste à mes yeux car la réussite de ce film tient essentiellement à la grande variété des situations très émotion-nelles auxquelles nous sommes confrontés, et qui ne sont pas sans importance. Le montage particulièrement vif, avec un sens des éclipses très maîtrisé, donne au récit un rythme qui en fait un spectacle entrainant. Comme parfois les histoires d'amour.