La tentation est grande avec ce titre, de citer Hugo qui écrit : « ces cultivatrices (...) dont on voyait surtout la première syllabe ». Il faut toujours s'attendre au pire en allant voir un film dont François Da-miens est la vedette. Il se surpasse en faisant la gueule avec un visage cireux et inexpressif durant toutes ses scènes. Il entraîne dans son sillage Vanessa Paradis qui ne se sort pas de cet enfer auquel William Lebghil donne un côté trisomique discret. La seule bonne surprise c'est Laura Felpin, une humoriste qui a reçu « Le Molière de l'humour » et en est à son troisième film ; certainement pas le dernier. De la réalisatrice, je n'ai pas vu les deux précédents films, mais celui-ci est un intéressant exemple de bonnes idées mal écrites. Et donc qui ne fonctionnent pas. C'est d'autant plus triste que le but est évidemment de faire une pochade sur l'humour noir. Et nous voilà affligés par un nanar.
La question n'est pas innocente de considérer que le métier de tueur à gage est un métier socialement ordinaire, et les morts qu'il provoque, de bons gags façon jeu vidéo.
Si certains moments dans les dialogues sont bien écrits, c'est le montage qui, m'a-t-il semblé, entraine le film au fossé ; manque de rythme, plein de petites longueurs comme si elles étaient res-tées pour faire place à un rire qui ne vient pas, et surtout l'histoire n'existe que par la fantaisie de la réalisatrice-scénariste qui aligne des petits moments au lieu de forger une chaîne dont les maillons seraient complices.