C'est le titre chanté par une chorale dans un hôpital spécialisé en gériatrie et qui est confronté aux difficultés de son financement, de sa survie. Une description absolument fantastique de cet univers où la maladie, la mort, la démence sénile et les « simples » atteintes de l'âge sont observées avec une empathie, une finesse et un humour qui crée l'adhésion du spectateur à ces descriptions pleines d'humanité. Mais que l'on ne s'y trompe pas, ce film suscite les questions graves liées à la fin de vie : l'euthanasie, l'environne-ment médical, infirmier et leurs financements, les relations avec les familles, le soutien à ces modestes travailleurs et travailleuses que l'on voit ici dépeints dans leur quotidien harassant.
Le film est une sorte de galerie de portraits de très vieilles personnes auxquelles l'on finit par s'attacher avec tendresse et com-passion. L'une d'entre-elles nous apprend ce qu'est une tmèse... (C'est une disjonction des deux éléments d'un mot composé, en particulier en français, des éléments d'une locution conjonctive,
par intercalation d'un ou plusieurs mots). Lors même qu'un médecin et une cheffe infirmière règnent sur ce lieu devenu désuet, soudain les choses prennent une tournure tout à fait inattendue et le final du film est profondément bouleversant, comme rarement un tel récit peut le devenir.
Tout cela me semble raconté et filmé avec une infinie pudeur qui contraste avec le ton des films Quand tu seras grand (1148) ou Maison de retraite (938). Nous sommes ici plus dans la subtilité d'un film comme The Farewell Party (134). Richard Eyre, le réalisateur est un talentueux homme de théâtre et de cinéma dont nous avions admiré la finesse déjà dans The Children Act (530). Ce film-ci a le talent rare d'amuser et d'évoquer les épreuves de fin de vie en nous tenant en haleine grâce à plusieurs enjeux qui s'entremêlent subtilement et dont l'importance est vitale.