Un tout petit peu amusant, ce qui est déjà un succès pour une po-chade franchouillarde.
L'idée est simple, un couple se marie et il souhaite que ce soit dans la plus stricte intimité. Les témoins ne le voient pas de cette façon ! Alors tout y passe : les parents, les beaux-parents, les chippen-dales, la grand-mère, les (vrais) flics, le curé, le Maire, une employée de la DAS et j'en oublie. Et bien entendu tous les stéréotypes ima-ginables. Outre les gags directs -- et ils sont nombreux, rarement originaux -- c'est la construction par « préparation, exposition puis répétition » qui singularise à mes yeux ce film dont les dialogues sont bien dans le genre débridé que requière ce type de farce sans autre ambition que d'amuser en nous exploitant le moment du ma-riage, si souvent utilisé pour faire rire.
Le réalisateur est un acteur très demandé, tant au cinéma qu'au théâtre et à la télé. Ce film est sa quatrième réalisation, je n'ai rien vu des 3 autres. Ici dans la cohue des rôles, saluons au passage Andréa Ferréol et soulignons le talent et le charme de Camille Lou qui ne se laisse pas écraser par cette farce un peu lourdingue. Elle a déjà une longue carrière diversifiée : chant, comédie musicale, télé, etc. Ce film devrait inspirer d'autres rôles plus intéressants que celui-ci.
Une singularité du film est la façon dont les images sont enregis-trées en même temps par 4 caméras tenues par des supposés amateurs, par des téléphones portables aussi. Et cela donne un style amusant comme doivent l'être les films tournés aux mariages, aux enterrements de vie de garçon et autres réjouissances breughé-liennes à l'air du numérique. Cette manière de filmer porte un nom : le found footage qui ambitionne de donner à croire que les images sont enregistrées sans mise en scène et qu'elles témoignent donc de « la vérité », qu'elles montrent comment les événements se sont réellement déroulés. Bienvenue au fake news... Ici, il ne s'agit pas d'un procédé mis en œuvre pour faire illusion ou tromper comme souvent, mais pour faire « vrai ». Mais cela agace à la longue et l'on imagine la démarche d'économies de la production qui a bien anticipé l'accueil désastreux du film.
Bref, un nanar qui ne donne pas la migraine, sauf lorsqu'on découvre qu'il est co-financé par le tax shelter... Et cela, ce n'est pas une blague !