Un film important. Certes dans la veine classique, très américaine. Mais qui conte un moment clé de son histoire et de façon subtile, nuancée. Et tant pis si cela implique une certaine lenteur, une certaine méticulosité dans l’évolution du récit. Car cette histoire n’est pas toute Noir et Blanc.
Il faut se replonger dans l’époque, écouter les motivations des uns et des autres, Malcolm X et Martin Luther King, le président John-son, les racistes ordinaires, les partisans de la violence et de la non-violence. Dans les deux camps !
Les grands moyens mis en œuvre le sont à bon escient. Alors on peut toujours critiquer une mise en scène démonstrative : le pont
traversé une première fois par une maigre colonne sur le trottoir, puis sur toute la largeur d’une des deux voies carrossables par une foule déterminée. Puis la troisième fois sur toute la largeur du pont, par une foule plus vaste encore, et qui n’ira pas à l’affrontement en se jetant dans la gueule du loup. Au grand dépit de quelques uns.
Les dialogues sont didactiques, les images très travaillées. Ce qui nous vaut un récit captivant, que l’histoire nourrit avec générosité. Quitte à laisser les appétits cinéphiliques un peu sur leur faim.