Une fois de plus le titre est mal traduit... Amore est le nom d'un flic qui, à la veille de sa mise à la retraite, est à la fois fêté et entrainé dans une affaire à découvrir à l'écran. C'est sa dernière nuit de travail...
C'est un polar pur et dur très bien écrit, admirablement filmé et je vous recommande le plan du générique de début : un survol spec-taculaire de Milan qui se termine de façon très précise pour nous présenter l'un des protagonistes du film durant la fête.
Les ingrédients sont nombreux et comme dans une préparation culinaire, bien épicés : épouse, ami, fils de l'ami, entremetteur, capo chinois entouré de quelques jeunes dames tarifées, puis de proches amis, gardes du corps, et tout ce petit (im)monde va s'in-téresser à un commerce rarement exploité par le cinéma.
La recette fonctionne admirablement et se déguste par petites scènes très bien tournées, avec pratiquement toujours à l'écran Amore, interprété magistralement par Pierfrancesco Favino qui m'avait impressionné déjà dans Nostalgia (1076) Nos plus belles années (925) parmi tant d'autres.
Le réalisateur est un acteur confirmé qui signe ici sa troisième mise en scène, brillante. Le film est tourné sur de la pellicule ko-dak 35 m/m ce qui donne aux images, toutes de nuit, un style très maîtrisé.
L'ambition du scénario est un peu tirée par les cheveux (le flic hon-nête mais qui se fait des petits suppléments sur le côté) et nous devrions être pris de compassion... La construction habile du récit permet d'entremêler les points de vue des différents protagonistes, dans une chronologie qui fait quelques va-et-vient. Bref, du boulot de super pro, mais que je range dans la catégorie assez détes-table des films violents et dont l'intention apparente qui consiste à plaindre un pauvre flic devient un plaidoyer pour la délinquance, bercée dans une tendre histoire d'amour (je le précise pour celles et ceux qui n'auraient pas compris le jeu de mot du titre...) ne justifie cette violence que par un goût pervers du sang. C'est une nuit de cauchemar qui illustre bien l'une des répliques : le diable se cache dans l'argent.